Une sélection des nouvelles du jardin

Bouteflika a procédé hier à la réouverture du jardin d’Essai,
Un joyau à ciel ouvert

visite du jardin - inauguration officielle
Le président de la République a procédé hier à la réouverture du jardin d’Essais. Il était environ 10 h 30 quand Abdelaziz Bouteflika a coupé le cordon à l’entrée, décrétant ainsi l’ouverture du parc, fermé officiellement au public depuis 2001.

De la rue Mohamed Belouizdad, la vue d’ensemble est époustouflante. Digne des images que l’on se fait des jardins des cours royales d’antan. L’allée centrale du jardin français, bordée d’arbres et de gazon frais, parsemée de fleurs et embellie par des bassins munis de jets d’eau, menant tout droit vers la mer est un régale pour les yeux. Le chef de l’Etat semblait satisfait de la réhabilitation du jardin engagée en 2004. Après avoir fait le tour des jardins français et anglais, il a effectué une halte au niveau de l’école d’horticulture, dont les murs servaient il y a à peine quelques années d’asile aux familles sinistrées, où il a décerné des diplômes à cinq lauréats ayant fini leur formation.

« Il faut dispenser des formations sérieuses en botanique et aller vers la création de fleurs. N’oubliez pas que le Maroc exporte des roses », préconise le Président. Il inspectera plusieurs points, dont le carré des plantes utiles, où 250 à 300 espèces sont entretenues, la partie zoo, et celle des serres. Rappelons que la partie jardin du Hamma occupe 30 hectares sur 63. Le parc a connu une dégradation importante à partir de 1985. L’état des lieux effectué en 2001 est accablant : école d’horticulture, créée en 1918, dégradée, fermée et occupée par 4 familles, bâtiments en ruine et également occupés, locaux dévoyés de leurs activités, recensement inexploitable des végétaux, jardin zoologique détérioré et complètement vidé des ses occupants, inexploitation de réservoirs d’eau, absence de raccordement à l’énergie électrique, éclairage public défectueux. Dès 2005, des mesures immédiates ont été prises par la wilaya d’Alger.

Ainsi, 42 familles ont été évacuées du site, 7 exploitants de locaux expulsés et la crèche installée à l’intérieur définitivement fermée. Pour le nettoyage du lieu, 250 agents sont intervenus pendant plus de 6 mois. 3 700 tonnes de gravats et autres détritus dégagés, 225 tonnes de végétaux, curage des bassins, assainissement des sous-bois sur 20 ha, débroussaillage et assainissement sylvicole pour plus de 150 arbres et remise à niveau de 60 regards.

En matière de réhabilitation, il y a eu le confortement et l’aménagement de l’Ecole d’horticulture, de 5 villas, d’un laboratoire in vitro, d’une auberge, d’un chalet pour hôte, d’un salon d’honneur, de buvettes, de kiosques, ainsi que l’aménagement de la clôture. Pour ce qui concerne le jardin, la réhabilitation s’est manifestée à travers le revêtement de l’Allée périphérique (1, 5 km), la réfection du zoo (60 cages), la pose de 60 corbeilles et de 40 caissons sélectifs pour déchets ménagers, l’enlèvement de l’asphalte existant et le revêtement des différents allées en tufs (4 km), la pose de 254 bancs, la mise en place de plus de 3 km de clôture métallique, la pose de près de 8 000 m2 de gazon et la plantation de 45 000 plantes à fleurs ainsi que la réhabilitation de 6 statues, dont 3 signées par le sculpteur Gaudissar.

En matière d’intervention des systèmes d’irrigation et de captage de source, signalons la rénovation de la totalité du réseau d’arrosage et d’irrigation (6 km), la réalisation d’un réseau de collecte des eaux pluviales sur 570 ML, la réhabilitation de 5 puits, le captage de la source Cherchar et la réhabilitation du réservoir de 1 000 m3. Actuellement, le jardin d’Essais, érigé en EPA par le décret exécutif n° 06-350 du 05 octobre 2006, dispose d’un conseil d’administration et d’un conseil scientifique. Ce dernier est composé de spécialistes en la matière, d’ONG, de l’Agence de la nature, de l’université et d’instituts agricoles et forestiers. Parmi les nouveaux équipements installés, on peut citer : une école d’initiation à l’environnement destinée aux enfants, un salon d’honneur, un espace de vente d’objets souvenirs, deux parkings de 265 places, une structure provisoire de la formation de jardiniers, une infirmerie vétérinaire.

Par ailleurs, la révision du cadastre général permettra au jardin de passer de 30 à 60 ha, incluant la forêt de Cherchar, en voie de clôture, et la villa Abdelatif. Notons également la fin des travaux de réfection du Musée des beaux-arts et des grottes de Cervantès. Pour ce qui est des perspectives, il est prévu le lancement d’une étude pour faire un état des lieux des végétaux, la réalisation de nouvelles serres, le repeuplement des espèces végétales exotiques, la réorientation du jardin vers la mise en valeur et la préservation de la biodiversité, le développement de la flore algérienne, la conservation du jardin comme faisant partie du patrimoine national. Sont également prévus l’introduction d’un système d’information avec les établissements et centres spécialisés en Algérie et à l’étranger pour l’élaboration d’une banque de graines, de collections d’insectes et d’herbes, la conservation du jardin comme patrimoine mondial et son insertion au réseau international des jardins botaniques.

Selon son directeur, le jardin d’Essai sera ouvert au public dès aujourd’hui. « On attend la confirmation pour l’ouverture », déclare-t-il. L’accès au parc est payant : 20 DA pour l’entrée et 10 DA pour le zoo.

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